Union Européenne : mieux vaut tard que jamais ?

Le mois d’août a été d’un calme surprenant pour les marchés de la dette souveraine. La raison ? Deux des plus hauts responsables européens, à savoir Angela Merkel et Mario Draghi, ont apporté leur soutien plein et entier à la survie de l’euro. Une bouffée d’oxygène précieuse alors que l’Europe est en proie à une défiance généralisée, en son sein comme ailleurs. Ne faudrait-il pas voir ici une leçon de vie ?

Il y a près d’un mois, le président de la BCE, Mario Draghi, déclarait que la BCE était prête à « faire tout ce qui serait nécessaire »  pour préserver l’euro et songeait à relancer son programme de rachat d’actifs (SMP). Ainsi, la BCE proposera un plan de sauvetage aux pays en difficultés qui en feront la demande. Si cette déclaration semble décevoir ou heurter l’ego de certains, l’Allemagne la soutient. En effet, contre toutes attentes, la semaine dernière, la chancelière allemande s’est rangée du côté de Mario Draghi. Une action positive pour l’Union européenne qui a vu, pour la onzième semaine consécutive, ses marchés boursiers clôturer à la hausse. Ainsi, depuis un mois, les indices boursiers ont pris près de 12%. Pour peut-être voir dans ces deux déclarations l’initiation d’une plus grande cohésion européenne ?

Le fait qu’un tel espoir soit relancé et que l’Allemagne en soit à l’origine a de quoi surprendre. Le pays est en effet réputé pour sa politique monétaire orthodoxe et préconise depuis le Traité de Maastricht une « union budgétaire » européenne entre pays membres de la zone euro. Cet approfondissement de l’UE ne semble cependant pas applicable dans les conditions présentes, où l’existence de l’UE est elle-même discutée. L’Allemagne semble donc attendre son heure pour imposer sa vision et est prête aujourd’hui à faire des concessions en acceptant potentiellement une inflation plus élevée et un euro moins fort. Ce relatif optimisme allemand rassure.

Cependant, dans la zone euro, on doute. L’Union est en péril. Mario Monti a ainsi déclaré que « les tensions qui règnent ces dernières années dans la zone euro sont révélatrices d’une dissolution psychologique de l’Europe ». Le président du conseil a ensuite critiqué la politique allemande et la mise en garde contre un « sentiment de germanophobie croissant en Europe ». Il semble donc que la méfiance entre pays « vertueux » et les plus endettés soit de plus en plus prononcée.  Mais, une convergence politique n’est pas encore à écarter : dans les prochains jours doivent se rencontrer le premier ministre grec, Antonis Samaras, la chancelière allemande et François Hollande. Pour le meilleur, on l’espère.

Elisabeth Rotival

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